Deux séances, trois configurations, un même langage tactique — retour sur le séminaire SOGART/SSO
Samedi, j'ai eu l'occasion de présenter *Offensive le jeu* à la Société des officiers de l'artillerie (SOGART/SSO), lors d'un séminaire que j'ai structuré en deux séances de trente participants chacune. Mon objectif était simple à énoncer, mais rarement facile à tenir : permettre à des profils très différents de s'approprier le jeu en quelques heures, sans sacrifier ni la rigueur tactique, ni l'accessibilité.
C'est précisément là que se mesure une qualité qu'on ne voit qu'à l'usage, et non sur la boîte : la capacité du système à changer de peau sans changer de nature. J'ai fait expérimenter aux participants trois configurations distinctes — des cartes historiques de la Seconde Guerre mondiale, le plateau simplifié du coffret de base, puis une carte réelle de la région de la Côte. Trois échelles de réalisme, trois rapports au terrain, mais un seul et même moteur de décision en dessous. C'est ce que j'entends, concrètement, par un système générique : non pas un jeu vague qui s'adapte à tout par indifférence, mais un cadre assez solide pour supporter des contextes radicalement différents sans jamais se dénaturer.
L'autre enseignement de la journée tient moins au jeu qu'à ceux qui l'ont pratiqué. J'ai réuni, sur les deux séances, un éventail rare : d'anciens officiers généraux, des colonels de milice exerçant par ailleurs des responsabilités professionnelles exigeantes, et de jeunes lieutenants encore proches de leur école d'officiers. Un tel écart d'expérience aurait pu produire deux vitesses, deux niveaux de discours, deux séminaires en un. Je n'ai rien observé de tel — signe, je crois, que la mécanique du jeu porte suffisamment la charge de la doctrine pour que la conversation tactique s'installe indépendamment du grade.
La force d'*Offensive le jeu*, telle que je la constate séminaire après séminaire, tient à un mécanisme simple : faire converger l'attention de tous les participants sur une même carte nationale, durant plusieurs dizaines de minutes, jusqu'à ce que la discussion tactique naisse d'elle-même. Ce n'est plus moi qui transmets un savoir depuis l'avant de la salle — ce sont les participants qui échangent, se contredisent, s'ajustent, et apprennent les uns des autres. La théorie reste évidemment nécessaire, je ne prétends pas le contraire, mais *Offensive le jeu* permet d'y accéder par la pratique quasi immédiate, ce qui rend l'enseignement théorique concret plutôt qu'abstrait.
Ce séminaire n'aurait pas eu lieu sans Christian Berger, Colonel EMG, à qui j'adresse mes remerciements les plus sincères pour l'organisation de cette journée et pour la confiance qu'il m'a accordée en m'ouvrant cette opportunité.
Au-delà de l'anecdote du samedi, c'est la tactique elle-même qui sort gagnante de ce type d'exercice. Je ne la considère pas comme un savoir qu'on accumule en écoutant, mais comme une discipline qu'on n'acquiert qu'en la pratiquant sous contrainte, avec des décisions qui engagent réellement une situation — fût-elle simulée. Passer d'une carte historique à une carte simplifiée puis à un terrain réel, sans quitter le même système, c'est faire l'expérience directe de ce que la tactique a de transposable : les principes ne changent pas, seul le terrain les met à l'épreuve différemment.
La tactique se vit.




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